3 harengs et 1 citron
nature morte contemporaine
huile sur toile
41 x 27 x 2 cm
Dans cette nature morte contemporaine, je mets en scène trois harengs posés sur un plat blanc. À leurs côtés, un citron vif attire immédiatement le regard.
En effet, son jaune lumineux contraste avec les tons bruns et argentés des poissons. Ainsi, il introduit une tension chromatique qui anime la composition.
Par ailleurs, mon traitement pictural demeure volontairement direct. Les touches restent visibles et les modelés sont affirmés. De plus, les couleurs terreuses dominent l’ensemble. Quant à la lumière, elle demeure sobre et mesurée. Elle souligne ainsi le caractère brut du sujet.
À travers cette scène, j’évoque un univers culinaire simple et authentique. Toutefois, mon intention dépasse la seule représentation des objets. En effet, la chair, les écailles, la peau et le zeste deviennent des prétextes à peinture. Dès lors, la matière occupe une place essentielle dans l’œuvre.
J’ai également choisi un fond uni et chaleureux. De cette manière, l’attention se concentre entièrement sur la composition. Par conséquent, chaque élément gagne en présence visuelle.
Les regards fixes des poissons participent également à cette atmosphère particulière. Saisis avec précision, ils introduisent une présence silencieuse et presque énigmatique. En revanche, le citron apporte une énergie différente. Légèrement avancé, il dynamise la scène et équilibre la palette.
Enfin, cette toile s’inscrit dans une tradition revisitée de la nature morte. Toutefois, j’assume pleinement la frontalité du sujet. Plus largement, je cherche à mettre en valeur la force expressive de la peinture elle-même. En définitive, la couleur, la matière et le geste deviennent les véritables protagonistes de l’œuvre.
Le poisson traverse mon œuvre comme un motif de mémoire. Suspendu dans un espace dépouillé, il devient davantage qu’un simple sujet de nature morte.
En effet, il évoque pour moi l’abondance populaire, les traditions méditerranéennes et ashkénazes, et une forme de fragilité silencieuse.
Dans mes peintures, le poisson semble souvent flotter hors du temps. Il conserve quelque chose de l’objet quotidien tout en acquérant une présence presque symbolique. Sa matière argentée capte la lumière tandis que son immobilité crée une tension discrète entre vie et disparition.
Par ailleurs, la répétition de ce motif construit progressivement mon langage pictural. À travers lui, j’explore une peinture de la retenue, du silence et de la mémoire.
Ainsi, les objets les plus simples deviennent des espaces de contemplation. La nature morte cesse alors d’être uniquement descriptive pour devenir un territoire de méditation visuelle.










