---
title: Pourquoi les artistes peignent des citrons depuis 400 ans ? — Joseph Rethlin
url: https://joseph-rethlin.com/2026/09/22/le-citron-et-les-peintres/
date: 2026-09-22
---

# Pourquoi les artistes peignent des citrons depuis 400 ans ?

[Ce fruit qui provient d’un croisement naturel entre le cédrat et l’orange amère, prend sa source dans les contreforts de l’Himalaya avant de voyager le long de la Route de la Soie. Apparu il y a plusieurs millénaires, il traverse les époques et les continents.](https://www.baltic.fr/recettes/article-citron-condiment/)

  
  
Un fruit fait pour la lumière  

--------------------------------------

Au XVIIe siècle, les maîtres hollandais du Siècle d’or; [Willem Kalf](https://artsandculture.google.com/entity/willem-kalf/m0279txy?hl=fr), [Willem Claeszoon Heda](https://www.gettyimages.fr/photos/willem-claesz-heda), en ont fait un motif presque obsessionnel. Ce qui les intéressait n’était pas le fruit lui même, mais ce qu’il permettait de démontrer.

 Sa peau, à la fois mate et brillante, capte la lumière d’une façon que peu d’objets égalent. [Peindre un citron](https://joseph-rethlin.com/produit/citron-pele/), c’était en premier lieu, prouver sa maîtrise du rendu des matières; la cire du zeste, l’acidité presque palpable de la pulpe entrevue à travers une pelure en spirale.  
  
C’était avant tout à l’époque un signe d’opulence. Le [citron](https://joseph-rethlin.com/produit/it-feels-like-summer/) venait de loin, il coûtait cher, il incarnait le commerce et le pouvoir des Provinces-Unies. Un fruit ordinaire aujourd’hui, un symbole de richesse hier.

  
  
Trois maîtres, trois manières de regarder un citron  

------------------------------------------------------------

  
[Chardin](https://museesorleans.fr/expositions/les-chardin-des-marcille-une-passion-orleanaise/), au XVIIIe siècle, dépouille le citron de tout apparat. Chez lui, plus de mise en scène ostentatoire : juste un fruit, une lumière franche, une économie de moyens qui deviendra une leçon pour des générations de peintres. C’est cette sobriété là qui m’a le plus marqué : peindre peu, mais peindre en essayant d’être le plus juste.  
  
[Morandi](https://www.wikiart.org/fr/giorgio-morandi), deux siècles plus tard, pousse cette économie encore plus loin. Ses natures mortes ne cherchent pas la brillance du citron, mais sa [présence silencieuse](https://joseph-rethlin.com/joseph-rethlin/), presque monastique; un objet parmi d’autres, traité avec la même attention qu’une bouteille ou un bol. C’est une leçon d’humilité picturale qui infuse directement ma manière de composer. Le sujet, rien que le sujet.  
  
[Juan de Zurbarán](https://artsandculture.google.com/entity/juan-de-zurbar%C3%A1n/m04ykwv3?hl=fr), lui, m’a appris autre chose : la gravité. Ses natures mortes espagnoles isolent chaque objet comme une présence presque sacrée, baignée d’une lumière dramatique. Un citron chez Zurbarán n’est jamais anodin; il est là, tout simplement, mais avec une intensité qui force à s’arrêter et à observer.  
  
Cependant, ce qui frappe, en observant cette lignée, c’est qu’aucun de ces peintres n’a peint le même citron.

Virtuosité technique, simplicité, mise en scène, [couleurs](https://joseph-rethlin.com/produit/bouquet-de-fleurs/), le fruit reste identique, mais il devient le miroir de celui qui le regarde. C’est cette tension entre un sujet immuable et un regard qui ne cesse de se réinventer qui continue de m’habiter aujourd’hui.

###   
  
Mes citrons  


  
C’est un sujet qui revient régulièrement dans mon travail, sous des approches différentes.

[« Une assiette de citrons »](http://(https://joseph-rethlin.com/produit/une-assiette-de-citrons/)), j’ai cherché cette sobriété de Chardin, un sujet réduit à l’essentiel, une lumière qui ne triche pas.

[« 2 citrons »](http://(https://joseph-rethlin.com/produit/2-citrons/)) pousse cette épure encore plus loin, dans l’esprit de Morandi : presque rien, mais tout dit.

[« Lemons on the green »](https://joseph-rethlin.com/produit/lemons-on-the-green/) et [« It feels like summer »](https://joseph-rethlin.com/produit/it-feels-like-summer/) explorent une veine plus chromatique, plus contemporaine, où le citron devient prétexte à une composition presque abstraite de couleur et de lumière.  
  
Je n’ai pas de théorie à défendre sur mon attachement aux [citrons](https://joseph-rethlin.com/produit/brown-bag-and-lemons/) — c’est venu avec le temps, sans que je le décide vraiment. Certains sujets s’imposent ainsi, sans qu’on cherche vraiment à comprendre pourquoi.  
  
Peindre un citron aujourd’hui, ce n’est pas répéter un exercice académique. C’est continuer une conversation vieille de quatre siècles, avec mes propres mots et les leçons de Chardin, Morandi et Zurbarán en filigrane.  
  
Voir les citrons dans mes œuvres → [joseph-rethlin.com/galerie-en-ligne](https://joseph-rethlin.com/galerie-en-ligne)

![Pourquoi les artistes peignent des citrons depuis 400 ans ?](https://joseph-rethlin.com/wp-content/uploads/2026/09/citron-pele.jpg)Pourquoi les artistes peignent des citrons depuis 400 ans ?
